La loque américaine : un fléau pour les apiculteurs

La loque américaine : un fléau pour les apiculteurs

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  Parasites et maladies

LA LOQUE AMERICAINE

 biologie et diagnostic

La loque américaine est une maladie du couvain très grave pour les abeilles mellifères. C'est une bactérie sporulée appelée Paenibacillus larvae qui est la cause de cette maladie propre aux abeilles mellifères. La loque américaine est très contagieuse a pour effet d'affaiblir et, dans la plupart des cas, de tuer une colonie d'abeilles mellifères. Enfin, la loque américaine contamine le matériel apicole qu'on doit ensuite détruire ou bruler afin d'éviter que d'autres colonies ne soient touchées par la maladie. Il est impossible d'éliminer la loque américaine. La prévention est la mesure que les apiculteurs doivent se contenter de prendre pour prévenir une infection désastreuse.

La loque américaine peut se manifester n'importe quand dans les colonies d'abeilles mellifères ou sur le matériel apicole usagé qui a été infecté par des spores bactériennes. Une fois infecté par la loque américaine, le matériel usagé peut demeurer contaminé pendant des décennies.

Le médicament homologués qu'on utilise actuellement pour traiter cette maladie est  l'oxytétracycline. Pour maintenir une situation saine, il faut que les apiculteurs respectent les exigences lorsqu'ils importent des abeilles d'autres provinces ou pays. En outre, les apiculteurs doivent éviter de faire un mauvais usage des antibiotiques. Reportez-vous aux Traitements recommandés.

Le matériel apicole s'il est contaminé doit être changé et brulé tant la loque est contagieuse. Une colonie qui est contaminée a peu de chance de s'en sortir et elle est quasiment toujours condamnée, de plus, le danger de propagation aux colonies avoisinantes est très important dans un rayon de 3 à 5 km autour du rucher touché par les abeilles ou le plus souvent par du matériel contaminé. Une infection chez un apiculteur peut avoir des répercutions terribles chez chez ses voisins avec une destruction complète des ruchers ce qui est un problème de survie pour une activité commerciale.

Le cycle de la loque américaine

La loque américaine comporte deux stades principaux lors de son cycle de vie:  le stade végétatif et le stade de la sporulation. Les abeilles adultes ne sont pas touchées par la maladie mais seulement les larves en développement dans le nid à couvain.

  • Stade de la sporulation  Les spores de la loque américaine sont ramassées par les ouvrières dans les colonies d'abeilles infectées ou sur le matériel contaminé par de nombreuses spores. Ces spores sont très résistantes à la chaleur et à d'autres facteurs environnementaux et peuvent demeurer viables pendant près de 70 ans dans le matériel apicole usagé qui a été contaminé.
  • Stade végétatif
    Les spores contaminent les parties buccales des ouvrières et se retrouvent dans la nourriture donnée aux larves d'abeilles mellifères en développement (âgées de moins de 2 jours). Les spores se transforment et passent à l'état végétatif de la bactérie, puis se multiplient rapidement dans les tissus de la larve en créant des milliards de nouvelles spores.
  • Stade de la sporulation
    Une fois l'alvéole operculée, le couvain meurt et se transforme en une masse gluante appelée " écaille de loque américaine ". Cette écaille se fixe au fond de l'alvéole. Elle finit par sécher, puis devient noire, durcit et adhère fermement aux parois de l'alvéole. Le nombre de spores contenues dans chaque écaille peut atteindre 2,5 milliards. Étant donné qu'il faut à peine 35 spores pour infecter une larve d'abeilles âgée d'un jour et qu'une seule spore suffit dans le cas d'une larve âgée d'une heure, le potentiel d'infection est énorme.
    En retirant l'écaille du rayon, les ouvrières contaminent leurs parties bucclaes et infectent d'autres couvains en développement. De nombreux couvains deviennent alors infectés. La vigueur et la santé de la colonie s'affaiblissent à mesure que la population décroît.
    Tandis que la colonie s'affaiblit et devient de plus en plus contaminée par la loque américaine, elle peut devenir une cible pour les colonies des alentours. Les abeilles de ces colonies pillent les réserves de miel de la colonie affaiblie et rapportent le miel dans leurs colonies saines en même temps qu'un nombre important de spores infectieuses de la loque américaine. Les spores infectent les couvains dans les nouvelles colonies.

Larves infestées par la loque américaine (Ropey test).

 Larves infestées par la loque américaine (Ropey test).

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Cire gaufrée infectée par la loque américaine.

 Cire gaufrée infectée par la loque américaine.

Propagation naturelle

  • Dérive des abeilles: Les étourdies qui se trompent de ruche lorsqu'elles rentrent après avoir butiné peuvent propager la loque américaine si elles sont infectées
  • Pillage : Lorsque les abeilles d'une colonie tentent de s'emparer des réserves de miel d'une autre colonie plus faible,  les spores de la loque américaine peuvent être transférées avec le miel et la loque américaine peut se propager à l'intérieur d'un rucher ou entre différents ruchers dans un rayon de 5 km. En cas de disette et lorsque les colonies sont affaiblies le risque est d'autant plus grand. Une autre source est le matériel apicole infecté s'il est accessibles aux abeilles.

Propagation  par les apiculteurs

  • Achat ou récupération d'essaims contaminés: l'achat d'essaims doit ce faire auprès de professionnels reconnus afin d'être certain de l'état sanitaire de la colonie, de même lors de l'essaimage, un essaim récupéré doit être mis en quarantaine avant de l'intégrer au rucher.
  • Achat de matériel  Il est nécessaire de bien désinfecter ou bruler le matériel d'occasion afin de limiter les risques de propagation de la maladie.
  • Nourriture contaminée - Le miel et le pollen  peuvent contenir des spores de la loque américaine. Il ne faut pas nourrir des colonies d'abeilles avec du miel sans certitude de provenance.
  • Échange de cadres entre les colonies - Le renforcement de colonie faible par un ou plusieurs cadres de couvain au sein d'un rucher est une pratique courante chez les apiculteurs et une colonie infectée par la loque américaine peut alors contaminer une colonie saine. Il est important d' être attentifs aux risques que comporte cette pratique et de vérifier  tout symptôme de maladie.


Détection - diagnostic

C'est dans le nid à couvain et plus précisement dans les alvéoles utilisées que se manifestent les symptômes physique de la loque américaine. Se familiariser avec les caractéristiques d'un couvain sain et les types de maladies du couvain est primordial pour les apiculteurs afin de reconnaître les divers symptômes qui laissent à penser qu'une colonie est infectée.  Lorsqu'il y a une infection à la loque américaine, surtout aux différents stades de l'infection, les symptômes ne sont pas toujours tous présents et peuvent êtres imputés à d'autres causes que la loque américaine. Certains de ses symptômes sont très caractéristiques de la maladie et ne laissent aucuns doutes.

Schéma de couvain tacheté 

Une implantation de couvain continu et peu d'alvéoles vides sont des signes d'une colonie saine et productive. Les colonies malades ou faibles peuvent avoir une implantation de couvain avec de nombreuses alvéoles vides et sales. Un bon nombre de troubles pouvant être présents dans la ruche ont cette caractéristique, notamment certaines maladies du couvain ou plus simplement être le signe d'une reine mal fécondée ou en fin de vie.

Écaille de loque américaine au fond de l'alvéole.

Figure 4. Écaille de loque américaine au fond de l'alvéole.

Schéma de ponte qui présente des taches et des alvéoles avec les opercules enfoncés.

 Alvéoles qui présentent des taches et des alvéoles avec les opercules enfoncés.

Alvéoles dont l'opercule est perforé

Si l'opercule est perforé il s'agit probablement du signe d'une maladie du couvain surtout si les perforations sont irrégulières et situées sur le bord de l'opercule. Il peut s'agir là d'une maladies du couvain: l'ascosphérose ou bien des dommages causés par le varroas au sein du couvain.

Opercules foncés ayant une apparence graisseuse

Opercules enfoncés

Les opercules sont légèrement concaves plutôt que légèrement convexes sur certaines zones du couvain.

Larves décolorées

Si une larve meurt dans son alvéole, elle va devenir foncée et décolorée alors qu'une larve saine est toujours blanc perle. Lorsque le couvain est infecté par la loque américaine il passe du beige au brun clair puis au brun foncé et, finalement, au noir lorsqu'il commence à sécher.

Larves mortes présentant une consistance gluante semblable au mucus qui se fixent au fond de l'alvéole

Prenez une allumette ou une mince brindille et plongez la dans l'alvéole, faites-la tourner sur 360° et retirez-la lentement. Si une matière gluante est retirée et s'étire sur une longueur de 2,5 cm ou plus, c'est que l'alvéole est infectée par la loque américaine. Aucune autre maladie du couvain ne présente ce type de symptôme que vous ne retrouverez pas toujours en cas d'infection par la loque américaine. A un stade peu avancé de l'infection, la larve morte ne sera pas énormément gluante mais à des stades plus avancés, la larve morte durcit et sèche.

Écaille noire durcie qui adhère aux parois de l'alvéole - (Ce symptôme est propre à la loque américaine.) Une fois que la larve malade s'est fixée au fond de l'alvéole, elle commence à sécher et à durcir. Il s'agit d'un symptôme important qui se manifeste dans les alvéoles utilisées. Ce qu'on recherche, ce sont des morceaux noirs et plats semblables à du charbon qui sont collés dans le fond de l'alvéole. L'écaille séchée est dure et cassante, et on ne peut la retirer de l'alvéole sans l'endommager (figure 8). Le meilleur moyen de déceler sa présence consiste à tenir chaque cadre entre le pouce et l'index en soutenant l'extrémité et à le faire tourner lentement dans les deux sens de sorte que le bas du cadre tourne selon un axe de 30° (figure 9). Il faut s'assurer d'avoir un bon éclairage et, dans la mesure du possible, se placer de manière à avoir la lumière du soleil dans le dos.

L'ensemble de ces symptômes ne sont pas toujours propres à la loque américaine ou présents selon les stades d'infestation.

Larves infectées réfugiées au fond de l'alvéole.

 Larves infectées réfugiées au fond de l'alvéole.

Essai (Ropey test) montrant des larves d'abeilles pourries.

 Essai (Ropey test) montrant des larves d'abeilles pourries.

Vieux cadre à couvain infecté.

 Vieux cadre à couvain infecté.

Odeur nauséabonde - (peut être un symptôme caractéristique ou non de la loque américaine)
Même si une odeur nauséabonde peut être associée à d'autres maladies ou troubles de l'abeille mellifère, l'odeur que dégage la loque américaine est très distincte et s'apparente à celle du poisson ou de la pourriture. C'est une odeur qu'on n'oublie pas facilement une fois qu'on l'a sentie.

Cadre à couvain.

 Cadre à couvain.

Conclusion

Pour s'assurer qu'elles sont saines et exemptes de maladie les apiculteurs doivent examiner régulièrement leurs colonies. Pour inspecter, il faut découvrir le couvain:  on secoue légèrement le cadre afin de retirer presque toutes les abeilles au-dessus de la ruche ouverte de manière à pouvoir voir l'apparence des couvains.

source : ministère de l'agriculture ontario

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