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Aussi appelée « Papillon de la ruche » ou « Gallérie », la fausse teigne est un papillon vorace et invasif qui se nourrit de la cire des rayons et de leurs contenus lors de son développement. Si on la retrouve en particulier dans les colonies faibles ou de petites tailles, la fausse teigne n’est pas une maladie ni un prédateur des abeilles. Elle ne cause pas directement la perte des colonies mais représente une des conséquences de l’affaiblissement des ruches. En creusant des galeries à travers la cire, elle rend les cadres inutilisables, perturbe la circulation des abeilles et s’attire les foudres des apiculteurs. Tour d’horizon de ce petit papillon de nuit qui profite de la faiblesse de nos ruches.
On distingue deux types de fausse teigne : la petite (Achorea grisella) et la grosse (Galleria mellonella), cette dernière étant la plus fréquente dans nos ruchers. Privilégiant les climats chauds, la fausse teigne apprécie l’humidité et les espaces confinés. Elle se développe à une altitude inférieure à 1000 mètres et cause le plus de dégâts à son stade larvaire.
![]() | La fausse teigne est un papillon de nuit parasite de l’abeille. Elle se divise en deux familles de papillons : la grande fausse teigne, de son nom latin Galleria melonella et la petite fausse-teigne aussi appelée Achroea grisella. Cette dernière est plus petite et plus rose. Toutes deux font partie de la famille des Pyralidae sous-famille des Gallerinae. C’est la plus grande des deux qui fait le plus de dégâts. La taille adulte de la Galleria melonella varie entre 30 à 41 mm. Le papillon vole principalement du printemps à l’été, plus précisément de mai à octobre. |
La fausse-teigne n’attaque pas les butineuses directement, ce sont les larves de deux papillons (petite et grande fausse-teigne) qui détruisent leur milieu de vie pouvant entrainer la perte de la colonie. Elles dévorent la cire et le pollen et sont en mesure d’anéantir en 10 à 15 jours l’ensemble des rayons de ruches affaiblies…
Vous la retrouverez uniquement dans les colonies faibles ou à l’agonie, les ruches mortes ou dans les hausses vides.
La femelle pond la nuit, dans les cavités irrégulières de la ruche 50 à 150 œufs, souvent dans les hausses pour ne rencontrer aucun obstacle à leur développement. Ces derniers sont difficiles à distinguer à l’œil nu. D’un blanc rosé, ils mesurent 0.5 mm et éclosent en 5 à 16 jours si la température est supérieure à 9 °C.
![]() | Après leur éclosion, les petites larves subissent de nombreuses mues et grossissent rapidement. Si repérer les œufs est proche de l’impossible, les dégâts provoqués par les larves sont loin de passer inaperçus. De plus, notez que si les conditions sont favorables, les larves doublent leur poids chaque jour durant les 10 premiers jours suivants leur éclosion ! |
Bonne nouvelle ! Différents moyens existent pour lutter contre la fausse teigne et limiter sa propagation.
Sachez qu’une colonie forte connaîtra peu de difficultés à se débarrasser de l’intruse. Celles affaiblies, en revanche, seront des victimes de choix pour la fausse teigne. Ne laissez aucune place au développement du papillon. Adaptez la taille de la ruche à celle de la colonie : la méthode la plus simple et efficace consiste à retirer les cadres qui ne sont pas occupés par les abeilles afin qu’ils ne soient pas à leur tour infestés par les chenilles de la fausse-teigne.
L’agent biologique appelé Bacillus thuringiensis peut être également utilisé même en agriculture bio. Sa bactérie tue les larves ou le papillon si ce dernier l’ingère. Cette solution est à pulvériser sur tous les cadres et n’a aucun effet sur les abeilles ou l’homme. Malheureusement cette méthode n’est plus autorisée en France.
Si vos ruches sont infestées, n’hésitez pas à demander conseil au Groupement de Défense Sanitaire Apicole (GDSA) le plus proche de chez vous.
Le saviez-vous ? Les poules raffolent des larves de fausses teignes, tout comme les truites ! Les larves de fausse teigne constituent de formidables appâts pour la pêche !
Insolite : Depuis 2017, les chercheurs travaillent sur une exceptionnelle caractéristique de la larve Galleria mellonella : sa capacité à dévorer le plastique ! En savoir +
Le lieu de séjour royal pour la fausse-teigne est la hausse vide, tout particulièrement les stockages de hausses pleines de cadres cirés. Sans abeilles comme obstacles à leur festin, les larves se régalent des rayons bâtis. Afin d’éviter l’arrivée indésirable de ce gêneur, il existe des solutions tout à fait naturelles qui repoussent le papillon sans dépenser un seul sou ! La fausse-teigne a les courants d’air et la lumière en horreur.
Il ne vous reste plus qu’à retrousser vos manches et empiler les hausses à l’extérieur (si ce n’est pas déjà le cas !). Surélevez la pile au-dessus du sol et placez des aérations (grille à reine ou grillage simple) sur son socle et son sommet afin de créer un courant d’air « effet cheminée ». N’oubliez pas de protéger l’ensemble contre la pluie.
Si des larves ont commencé à se développer dans les stocks de hausses, vous pouvez avoir recours au soufre à diffuser afin de les tuer. N’affectant pas les œufs, la vapeur de soufre présente tout de même l’avantage de ne pas être soluble dans la cire. Ces précautions sont souvent suffisantes contre l’installation du parasite. Cependant, cette méthode ne peut être utilisée pour la protection des cadres de hausses en raison des risques de résidus retrouvés dans le miel.
Dernière possibilité tout à fait naturelle : les guêpes ! En temps normal, elles sont rarement les bienvenues, mais si vous leur permettez de visiter les rayons, elles élimineront les œufs et les larves.
Les ruchers situés à 1 000 m d’altitude ne connaissent pas de problème de fausse-teigne. Cette dernière ne peut survivre au-delà de 1 000 mètres d’altitude. L’altitude maximum pour l’installation d’un rucher s’évalue à 1 500 m, ils sont plus rares à cette hauteur, car les hivers sont plus longs et obtenir une colonie forte pour la miellée est plus difficile.
Tout ce qu’il faut savoir sur la fausse teigne dans ce mini-guide : Protection contre la fausse teigne.
Sources : « Mémento de l’apiculteur », Guide sanitaire et réglementaire 2016, Chambre d’agriculture de l’Alsace, « Le traité Rustica de l’Apiculture », Henri Clément
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